5 novembre 2017

Les 5èmes Rencontres de la Diversité



         Les 5èmes Rencontres de la Diversité seront des journées citoyennes et humanistes, de partage et d’échanges et de dialogue.



5e rencontres de la Diversité

Du mercredi 22 au samedi 25 novembre 2017

4 jours de rencontres et de débats, 8 auteurs dans 5 lieux

Richesses de la Diversité

MERCREDI 22 novembre 2017 
 à 20h30 : au C2 à Torcy :                                                                        (participation libre aux frais)
Film TIMBUKTU, d'Abderrahmane Sissako  (7 César, en particulier Meilleur film et Meilleur réalisateur en 2015)  Projection suivie d'un échange avec le comédien Abel JAFRI qui joue un des rôles principaux dans ce film.  
Abel Jafri est un comédien français qui a passé son enfance à Montchanin.
Il est aussi auteur d'un roman : Les dattes d'Aoulef.

JEUDI  23 novembre 2017
 Jeudi 23 novembre 2017  Le matin Abel Jafri rencontre les Lycéens (film Timbuktu)
 Jeudi 23 novembre 2017 après-midi et vendredi 24 novembre le matin : Interventions des auteurs dans différents lieux : Lycée du Creusot, Régie des territoires Le Creusot, Maisons des familles à Torcy... : Abel Jafri, Lucy Mushita, écrivaine (Zimbabwé), El Hassane Aït Moh (Maroc), Jeanine Valignat.

            à 18h30 : à la Bibliothèque municipale de Montchanin :
De Montchanin au Festival de Cannes : un beau parcours !
Rencontre-débat : Abel Jafri revient sur les lieux de son enfance, autour de sa vie à Montchanin évoquée dans son roman Les dattes d'Aoulef.                                       (entrée libre)
                                         
            à 18h30 : à la Maison des Familles à Torcy :
Rencontre-débat suivie d'un repas partagé avec les écrivains suivants : Jeannine Valignat et Lauric (Nantes) : Shégués, enfants du silence ; Lucy Mushita (Zimbabwé): Chinongwa ; El Hassane Aït MOH (Maroc) Le thé n'a pas la même saveur et Les jours de cuivre    (entrée libre)                                                                                         

VENDREDI  24 novembre 2017, l'après-midi
à L'Escale, au Creusot (promenade du Midi)
 -17h15 : Inauguration des 5èmes rencontres de la Diversité ;
 -18h : «Pourquoi l'autre, l'étranger, fait-il peur ? » Conférence (suivie d'un échange) du sociologue franco-marocain El Hassane Aït Moh sur le mécanisme de rejet ou de peur. Avec l'intervention de la psychanalyste Marie-Josèphe Eril. 
 - 19h30 : Buffet des associations                                                                                          (entrée libre)
 - 20h30 : SOIRÉE-CABARET :  SOUS LA CASQUETTE DE GAVROCHE : Chansons écrites et interprétées par Françoise Mingot, accompagnée au piano par Cathy Beaumont.                                                                                                                                                                                           (entrée libre)                 
SAMEDI 25 novembre 2017 
            Le matin, à 10h30 : à la Médiathèque du Creusot :
Café littéraire : Exilés, réfugiés, migrants...  Peur de l'autre ou richesse pour tous ?
Avec El Hassane Aït Moh (Maroc), Abel Jafri, comédien et auteur, Yudit Kiss (Hongrie/ Genève), Lucy Mushita, écrivaine (Zimbabwé), Jeanine Valignat (avec Lauric Nseka), Gérard Gaillaguetpoète, romancier et diseur.                                                                               (entrée libre)                                                
            L'après-midi et la soirée à L'Escale
 -14h30 : Des enfants porteraient-ils malheur ? Les « enfants sorciers » du Congo : Jeannine Valignat, auteur de Shégués, enfants du silence (éditions Wallada) en présence de Lauric, un jeune témoin (de RDC).                                                                                                             (entrée libre)

 -15h30 : « Dialogue interreligieux pour mieux vivre ensemble » : Conférence-débat avec Mohamed Larbi Haouat (Tunisie), Président d'ASILEC, Représentant de l'AESAL à  l'UNESCO.                                                                                                                                                                                                        (entrée libre)

 -17h :  en collaboration avec l'association Femmes solidaires du Creusot
Des combats de femmes : Témoignages de migrantes avec  Samia Messaoudi, auteure, journaliste (presse, radio et télé) et militante de l'association « Au nom de la mémoire », avec Lucy Mushita, écrivaine (du Zimbabwé , Africaines d'hier et d'aujourd'hui) et Yudit Kiss, auteure d'histoire de femmes migrantes en Suisse.                                                       (entrée libre)                                              
Modérateurs du Débat: Laure Gressard (femmes solidaires Le Creusot) et Claude Thomas
 -19h : SOIRÉE FESTIVE à L'Escale :
Repas (Buffet des associations) ;                                                                                           (entrée libre)
Musiques du monde, chants et danses : groupe antillais, chorale des Italiens, groupe portugais, violoniste, etc.                               
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Pendant les journées de vendredi et samedi à L'Escale :
-Présence du caricaturiste tzigane  Ricardo;
-Présentation d'une table-librairie des différents auteurs : El Hassan Aït Moh, Abel Jafri, Yudit Kiss, Françoise Mingot, Lucy Mushita, Jeannine Valignat...

Au cours de toutes ces journées : Réalisation par des Lycéens d'un Journal des Rencontres (8 pages couleur), avec le soutien du CLEMI.

2 novembre 2017

Accueil de la conteuse martiniquaise JALA

JALA à l'accompagnement scolaire de TORCY (71)
(le mardi 9 mai 2017)

Publication en retard due à des ennuis d'ordinateur (orage)

















Le Centre Francophonie de Bourgogne (CFB) a accueilli pour une séance la conteuse, marionnettiste martiniquaise JALA Lafontaine, également éditrice. 
Cette artiste a fait découvrir aux enfants de l'accompagnement scolaire de la ville, la culture, les contes et légendes de son île natale.
La venue de Jala s'est effectuée dans le cadre du 8ème Festival "Outre mer en Bourgogne" (O.M.B.), du 6 au 14 mai 2017, festival organisé par l'association "les Amis des Antilles", présidée par Christiane Mathos, par ailleurs restauratrice de Douce-Heure.

 Par des marionnettes facétieuses et polissonnes, les enfants ont touché du doigt l'imaginaire de cette contrée du monde.
 Bref aperçu mais joie des enfants et des quelques parents qui étaient aussi présents.


27 mars 2017

Pour le 20 mars, jour de la francophonie


                            Célébrons la langue française

Le Centre Francophonie de Bourgogne (Le Breuil 71-France) et la semaine de la langue française.

                             Le Centre Francophonie de Bourgogne (CFB)
                           (www. http://cfrancophonieb.blogspot.com/) 
profite de la semaine de la langue française pour souligner les mille et une richesses de notre langue et illustrer, par un scénario, les nombreuses subtilités du français, langue universelle, parlée sur les 5 continents, dont les Français peuvent se réjouir.
En cette période électorale, riche en affaires de toutes sortes (passées, présentes et sans doute, à venir), où l’argent est roi, imaginons un scénario. D’aucuns nous diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Quoique ! Cependant, plus on a les moyens, plus on a la possibilité d’éteindre l’incendie et, par conséquent, d’en  diminuer la fumée.
                        Quelqu’un d’indélicat (nous ne donnerons pas de noms) aura maille à partir avec la justice. Comme le dit l’adage, qui sème le vent récolte la tempête. Bref, la justice, c’est son rôle, devra démêler le vrai du faux. (départir), départager la maille (sous division du sou au Moyen Age) pour connaître la vérité et rendre son dû à chacun. S’il est jugé coupable, il sera mis en prison, en taule, à l’ombre, au violon, à l’abri, c’est selon. Il existe une foultitude de termes français dans ce domaine comme pour l’argent, l’avarice ou le sexe.
                       En prison, il sera sous la surveillance de gardiens de prison, geôliers ou autres matons. Avec le mal être de ces fonctionnaires en ce moment, il est fort possible qu’un mouvement de grève se déclenche. Ils feront grève. (Faire grève, à l’origine, consistait à venir se placer sur la Place de la Grève, à Paris, l’actuelle Place de l’Hôtel de Ville, et attendre un patron qui voulait bien donner du travail pour la journée).
                    La grève est la bienvenue pour notre prisonnier. Une aubaine !  La surveillance se relâchant, notre homme leur fausse compagnie. Il s’évade, se fait la belle, se carapate, se sauve, s’échappe, se fait la malle, se tire sans demander son reste (laissant ceinture, lacets, montre, argent, que sais-je) et prend la clef des champs. Comme il est pressé et on le comprend, il prend ses jambes à son cou, met les bouts, prend la poudre d’escampette (la poudre étant la poussière du chemin tant il faut faire vite…). Pas le temps de bayer aux corneilles et encore moins d’avoir les deux pieds dans le même sabot !
                    Pas fou ! Il se doute qu’on voudra lui remettre la main dessus. S’il aperçoit l’ombre d’un uniforme, la peur du képi (mot d’origine allemande) lui fera tourner casaque (mot d’origine turque). Tourner casaque, fuir ou tourner sa veste. Tiens, l’actualité décidemment, revient en force avec tourner sa veste, triste spectacle de certains hommes politiques, ces derniers temps.
                    Dans la nature, sans un sou vaillant, il ne peut pas vivre de l’air du temps. Il  lui faut donc trouver de l’argent, du pognon, du blé, de l’avoine, de l’oseille, puisqu’ il n’a pas un rond.
                   Pour se consoler, il peut rêver, à Crésus, le dernier roi de Lydie, (Turquie actuelle), qui se vantait d’être très riche, grâce, entre autres, à la rivière Pactole, qui coulait dans son domaine charriant des pépites d’or qu’il lui suffisait de faire ramasser.
              Fatigué par toutes ces émotions, notre fugitif se couchera avec les poules et se lèvera, le lendemain matin, frais et dispos, dès patron minet, pour suivre son destin. (Patron: le petit du chat, du minet). L’avenir n’appartient-il pas à celui qui se lève matin, comme le prétendait le président américain Roosevelt ?
                   On le voit, à travers cette histoire, tirée par les cheveux, j’en conviens, le français est riche. Il s’enrichit sans arrêt et partout.
                   Au Québec, outre le stop qui est remplacé par « arrêt », on verra sur les routes « réparation » à la place de travaux et « détour » pour déviation.
                  En Afrique, on dira cadeauter pour faire un cadeau. Peu importe le cadeau, (costume, souliers, diamants…). Mais vaut mieux ne pas régler en monnaie de singe, si on ne veut pas se créer d’ennui. 
Au Moyen Age, à Paris, au Pont au change, en bas de l’avenue Saint Michel, existait un péage pour entrer dans la Cité. Comme les cirques n’introduisaient pas de marchandises, on faisait faire aux singes des grimaces d’où l’expression, payer en monnaie de  singe.
                 En Haïti, la loterie se dit la borlette.
                Ainsi, notre langue est irradiée par l’histoire, les territoires et les peuples où elle est parlée.
               Une langue forme la pensée, véhicule des valeurs et façonne les individus.
Beaucoup d’écrivains, de par le monde, s’expriment en notre langue ; ils y voient un langage de liberté, non limité par des tabous liés à la religion, à la sexualité ou à l’autorité.
                 A l’instar des grandes langues, le français peut exprimer l’universel, l’explicite et le sous entendu, le concret et l’abstrait, le technique et le philosophique. Il a des termes pour tout. Des mots pour les situations grillagées de souffrances ou zébrées d’éclairs d’espoir et d’autres poétiques pour dire que « La vie fuit dans l’épuisette trouée des ans » (Caya Makhélé)a .
                 Le Centre Francophonie de Bourgogne, dont environ 5000 ouvrages francophones des 5 continents, sont à disposition des lecteurs, à la BM de Le Breuil (71 France), utilise cette richesse et tente de la faire partager aux habitants de notre région, en invitant régulièrement des artistes ou auteurs francophones, avec l’aide des institutions d’Etat et des collectivités locales.  


                    Voici quelques personnalités francophones invitées par le Centre Francophonie de Bourgogne depuis plusieurs années:     
                                       
Alexandre NAJJAR (Liban)

Khaled OSMAN (Egypte)




Sonia CHAMKHI (Tunisie)





Nora ACEVAL, conteuse (Algérie)




Henri LOPES (Congo Brazzaville)




Anne CUNEO, romancière (Suisse)





Tahar BEKRI, poète (Tunisie)




Denis POURAWA, poète kanak (Nouvelle Calédonie)

Mohamed Nédali (Maroc)

Ousmane DIARRA (Mali)

Véronique TADJO (Côte d'Ivoire)

Francine ALLARD (Québec)

Ying CHEN Vancouver (Canada)

Bâ , joueur de kora (R.D.du Congo)
Nadia CHAFIK, universitaire/écrivain (Maroc) 

Caya Makhélé, poète, dramaturge, conteur (Congo Brazzaville)


16 mars 2017

Accueil de l’écrivain marocain Mohamed Nédali

Accueil de l’écrivain marocain, Mohamed Nédali

Mohamed Nédali

Mohamed Nédali avec Claude Thomas, Pt du CFB au lycée Léon Blum (le Creusot)



Avec une 1ère S Lycée Léon Blum le Creusot (France)

Dans la bibliothèque de Tournus ,ancienne bibliothèque des moines de l'Abbaye
                       Le Centre Francophonie de Bourgogne a organisé, du 2 au 10 février 2017, une tournée littéraire en Bourgogne, pour l’écrivain marocain, Mohamed Nédali.
                     Mohamed Nédali, professeur de français au lycée de sa ville, Tahanaout (30000hab), située à 30 lm de Marrakech, vient de prendre une retraite anticipée pour se consacrer, désormais, à l’écriture et aux rencontres avec ses lecteurs.
                    On peut dire que notre invité est, actuellement, un des écrivains majeurs de la littérature marocaine contemporaine.
 Au travers des ses 7 romans :
-         Morceaux de choix
-         Grâce à Jean de La Fontaine
-         La maison de Cicine
-         Le bonheur des moineaux
-         Triste jeunesse
-         Le jardin des pleurs
-         Et Evelyne ou le djihad
Le Maroc et les Marocains sont au cœur de son œuvre. Et son pays lui est chevillé au corps.
                  Mohamed Nédali jette un regard lucide et souvent courroucé sur la société marocaine. Autant, il peut être sévère et sans concession vis-à-vis des responsables (politiques, administratifs, économiques, religieux) et profiteurs en tout genre, autant, il sait être plus amène et tolérant pour les petites gens, les jeunes, les femmes.
                  En humaniste, il souligne le mépris et la condescendance des nantis, relève l’inculture de beaucoup d’enseignants (eux qui ont à former les générations futures !), et pointe du doigt le dogmatisme, l’obscurantisme et la dérive d’une forme de religion qui abâtardit les individus.
                  Son dernier roman, à l’écriture limpide, Evelyne ou le djihad, comme Triste jeunesse, se penche sur le sort de ces milliers de jeunes en perdition et prêts à tout pour donner un sens à leur vie, ou tout simplement pour VIVRE.
Dans la petite BM d'Ecuisses (France)
                 Mohamed Nédali a reçu le Prix Grand Atlas, le prix des lycéens, le Prix de la Mamounia et le Prix international de la diversité, à Barcelone.
                  Au cours de son périple bourguignon, 8 rencontres lui ont été proposées. A savoir, à la Maison des Familles de Torcy, aux bibliothèques municipales de Tournus, Ecuisses et Saint Gengoux le National. 
                 Il a rencontré, par ailleurs, 4 classes au lycée Léon Blum du Creusot (1ère S, 2d générale, Terminale couture et esthétique) et 3 classes au lycée vinicole et laitier de Davayé, toutes ces villes situées dans le département de Saône et Loire.
               Une semaine de grande richesse. Merci Mohamed.
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18 janvier 2017

                                               Regards d’Afrique
                          Les 29/30 novembre et 1er décembre 2016

Le Centre Francophonie de Bourgogne et l’association partenariat Nord Sud Bourgogne Mali (Dijon), présidée par Mary Montagne, ancienne professeur au Castel de Dijon, ont mis en commun leurs compétences et moyens pour réaliser une animation interculturelle dans le cadre de la semaine de la solidarité.
               L’association Partenariat Nord Sud Bourgogne Mali (site web http://pns-bourgogne-mali )a présenté une exposition photos très documentée sur le Mali. En effet, cette association dijonnaise, œuvre depuis 20 ans,  dans plusieurs villages maliens, aux environs de Koulikoro : jardins d’enfants, cantine scolaire, scolarité primaire, développement d’activités économiques en direction des femmes, etc…
L'expo photos sur le Mali

Mary et Jacques expliquant le Mali





       




1) Le mardi 29 novembre, après midi, le mercredi matin 30 novembre et le jeudi matin 1er décembre, il y eut deux activités complémentaires :
- Les bénévoles de l’association Partenariat Nord Sud firent découvrir à une classe, la réalité malienne à travers une exposition photos (durée 1h30), puis, deux artistes congolais, Moké fils et  Jimmy Tawara, animèrent ensuite, avec la même classe, un atelier peinture (durée 1h30).  Cette sensibilisation a touché 55 élèves, les classes 5ème A, 5ème B et 5ème C du collège des Epontots, à Montcenis /le Creusot (France).
Stéphanie,  professeure d'Arts Plastiques
et Moké fils, l'artiste, en aide à une élève




Jimmy Tawwara, l'artiste congolais à côté d'un élève






       








            2) Le mardi après midi 29 novembre, les 2 artistes Congolais ont animé un atelier artistique, tout public, à la Maison de Familles de Torcy.
            3) Et à cette même Maison des Familles, en soirée, le conteur Caya Makhélé, a ravi l’auditoire avec de belles histoires africaines. Caya Makhélé (Congo Brazzaville) est aussi poète, romancier, dramaturge et éditeur.
           4) Le jeudi soir, 1er décembre, les enfants de l’accompagnement scolaire de la ville de Torcy ont bénéficié de deux temps forts : 1h de contes avec Caya Makhélé et 1h d’initiation à la peinture avec les 2 artistes Congolais.
Caya à l'accompagnement scolaire
Caya, le conteur et Jimmy





   






      
         5) Et enfin, à 19h, a commencé une superbe soirée musicale africaine autour de la kora du musicien très doué, Bâ, et du djembé. 50 personnes étaient présentes et la soirée s’est achevée par un repas partagé dans la bonne humeur.
La salle à la soirée musique africaine


Bâ, le joueur de kora




















A noter que l’association Partenariat Nord Sud Bourgogne Mali présentait aussi, une table d’artisanat africain, varié et de belle facture dont les bénéfices alimentent leurs actions.
  
                                      De beaux moments de rencontres et de partage. 





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17 janvier 2017

                                   Avant la pluie
                      D’Anne–Claire Decorvet (Bernard Campiche édition Suisse)

            Super roman à la construction originale.
            Les  personnages successifs font évoluer le récit et le lecteur découvre l’histoire selon le principe du saut de mouton ou passage de témoin, car la question que le lecteur se pose et la mère de l’enfant surtout, comment cet enfant autonome a-t-il pu se faire happer par une voiture ?
           Anne-Claire Decorvet a découpé son récit  en suivant les 4 saisons. Il commence en été et se termine au printemps.
           L’auteure donne, tour à tour, la parole à des personnes qui ont un lien avec l’enfant, soit avec les lieux, soit avec des connaissances de la famille ou du meurtrier.
           Le 1er personnage est un étudiant en médecine, Axel. Il assiste  en témoin impuissant, à l’opération/sauvetage du petit Olivier, l’enfant renversé par une voiture. Pour lui, c’est horrible et le médecin chef lui fait découvrir le quotidien de la médecine opératoire.
          Ensuite vient le témoignage du père, Grégoire, un comédien en tournée qui se trouve loin du drame.
          Puis, Anne-Claire Decorvet donne la parole à d’autres personnages, plus ou moins centrés sur leur propre sort, comme la comédienne Candice, passablement névrosée ou plus original, à un toutou.
          Mais le fonds de l’histoire se dévoile à travers le récit du jeune délinquant, Gaëtan, celui qui a fauché Olivier avec la voiture de Rachid. Comme rien n’est simple, Gaëtan est manipulé par Rachid, un petit truand qui fait chanter d’autres jeunes et se trouve, lui-même, sous la coupe d’un gros bonnet, sur trafic de drogues.
          L’automne, la 2ème partie,  se profile avec la chute des feuilles et débute par le monologue de la vieille voisine, Violette, femme très curieuse et esseulée, au comportement pour le moins bizarre, voire désaxée.
         Puis défilent des personnages fort astucieusement : Lydra, la policière qui sait bien des choses mais ne peut le prouver, Idriss, le jeune employé des postes, que fait chanter Rachid, et encore Hamid, le grand père de Gaëtan, désormais 
en prison, et qui vient demander pardon à Emma, la mère d’Olivier, pour la faute de son petit fils.
        Le point culminant de cette 3ème partie, intitulée hiver, la saison la plus triste et déprimante, c’est la prise de parole d’Emma, mère brisée, qui cherche, sans cesse, un indice qui dévoilera le pourquoi de ce dramatique et inexpliqué accident. Emma en est certaine, son cœur de mère le sait; il y a bien, un fait, un geste, une raison, un enchaînement, un hasard qui a provoqué la mort de son enfant. Jeune enfant qui savait où et quand traverser à un feu rouge. Pourquoi lui, a t-il été happé, et pas les autres piétons qui attendaient?
        Le roman s’achève par le printemps, symbole de renouveau, de renaissance  ou de connaissance des faits. C’est Olivier, l’enfant victime qui   s'exprime par : « Quant j’avais 6 ans, j’ai mouru ». Et enfin, on découvre la vraie raison du drame.
       Tout le récit avance au rythme de la pluie, d’où le titre « Avant la pluie ». Phénomène météorologique fréquent sur les bords du lac de Genève où se passe l’action ou tout simplement symbole de la pluie qui lave, rafraîchit, revigore….
      Beau style, descriptions précises avec des métaphores puissantes,  inédites et appropriées, phrases percutantes souvent poétiques.
    Un plaisir de roman.
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Anne-Claire DECORVET
                                   Licenciée ès lettres, enseignante de français à Genève, Anne-Claire Decorvet a reçu le prix Georges-Nicole 2010 pour son ouvrage, En habit de folie, lequel a été suivi, en 2014, par L’Instant limite (Prix Pittard de l’Andelyn 2015). Le roman, Un lieu sans raison, a été publié en 2015 (roman réédité en camPoche en  2016), (Prix Édouard-Rod 201; Prix du Public de la RTS 2016; Prix Lettres frontière 2016). 

 Citation
         « J’ignorais qu’il en va de l’amour comme du théâtre, où l’on acquiert au fil du temps la chair et l’intensité qui nous rendent infiniment meilleurs. Au contraire, je croyais consommer une marchandise à durée limitée. Mon amour était une boite à bonbons dont je ne me goinfrais jamais  sans redouter mon appétit. La boite allait s’épuiser, le niveau baissait, je le savais, je le sentais. Ma gourmandise illimitée neutraliserait le manque et l’amour ne se renouvellerait pas. Je voyais fondre avec terreur le sucre éphémère. Grégoire était l’homme de ma vie, mais je n’étais pas la femme de la sienne ! » (p. 43)


                                    

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